Comment conjuguer passion et travail?

ISSN 2369-8748

15 Janvier 2013
Signé par : Jean-Marc Ledoux

Au cours de votre vie, il est fort probable que vous développiez un goût très vif pour quelques choses. C’est ce qui définit en partie la « passion ». Mais comment conjuguer passion et travail.

La passion du travail ne peut survenir que si vous avez le sentiment du devoir accompli tout en œuvrant dans un environnement de travail qui permet un épanouissement personnel et professionnel gratifiant sur le plan humain. Ma passion pour l’aviation remonte à 1976 lorsque j’ai pris la décision de devenir pilote. Après plus de 20 ans comme pilote de ligne à voyager partout dans le monde, j'éprouvais le besoin de faire autre chose, tout en demeurant dans le milieu passionnant de l’aviation.

Lorsque l’occasion de travailler comme enquêteur sur les accidents d’aviation au sein du Bureau de la sécurité des transports du Canada s’est présentée, je n’ai pu y résister. La mission de l’organisation, soit la promotion de la sécurité dans les transports y était pour quelque chose dans ma décision d’un changement de carrière. Et voilà, déjà près de 14 années sont passées depuis, années au cours desquelles j’ai participé à plusieurs enquêtes menées au Canada ainsi qu’à l’étranger.

Les défis que relève le travail d’enquêteur sont sûrement un des facteurs de motivation qui maintient ma passion au travail. Cependant, je ne peux me permettre de passer sous silence, le sentiment du devoir accompli lorsqu’une enquête mène à l’amélioration de la sécurité dans le milieu de l’aviation. Quoiqu’il soit difficile de mesurer l’impact que peut avoir le résultat d’une enquête sur l’amélioration de la sécurité, il demeure que chacune des enquêtes permet de conscientiser certains joueurs clefs de l’industrie aéronautique, que ce soit un dirigeant d’entreprise aérienne, un pilote, un manufacturier aéronautique ou voire même les organismes gouvernementaux responsables du transport aérien, et ce, à travers le monde. Puisque l’humain apprend beaucoup de ses propres expériences ou de celles vécues par les autres, il est fort à parier que plusieurs de ces joueurs clefs en tirent des leçons suite à la lecture des rapports et recommandations publiés par le BST.

Aujourd’hui, lorsque je vole mon petit avion personnel pour mon loisir, je me dois d’être vigilant, et ce, malgré mon expérience de vol. Le travail d’enquêteur m’a permis de réaliser à quel point la sécurité est fragile. On a tous un rôle à jouer. En tant qu’humain, il ne faut jamais oublier que nos gestes et nos décisions peuvent être précurseur d’un incident ou d’un accident.

On a tous un rôle à jouer. En tant qu’humain, il ne faut jamais oublier que nos gestes et nos décisions peuvent être précurseur d’un incident ou d’un accident.

Le BST joue un grand rôle dans l’amélioration de la sécurité, mais chacun d’entre nous peut aussi faire la différence. Que vous soyez président d’une entreprise de transport aérien, pilote, technicien d’entretien d’aéronef, contrôleur aérien, personnel de rampe, vous pouvez contribuer à l’amélioration de la sécurité dans les transports. Tout comme moi, vous aimeriez sûrement vivre votre passion à fond et le plus longtemps possible, non?.

Alors, que ce soit dans le cadre de notre travail ou loisir, soyons vigilants. Surveillons et analysons ce qui se passe dans notre sphère d’activité passionnante qu’est l’aviation.


Image de Jean-Marc Ledoux

Possédant plus de 35 ans d’expérience en aviation civile, Jean-Marc s’est joint à la Direction des enquêtes aéronautiques du BST en 1999 à titre d’enquêteur et, depuis 2003, occupe le poste de gestionnaire régional du Québec. En plus d’être membre de l’équipe du Programme universel d’audits de supervision de la sécurité de l’Organisation de l’aviation civile internationale, il est ceinture noire en karaté et un adepte de ski alpin.

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