Gérer un marathon d’information en relations avec les médias

ISSN 2369-8748

21 Mai 2013
Signé par : John Cottreau

Au BST, répondre à un accident est à la fois grisant et palpitant, surtout en relations avec les médias. D’un côté, comme tout professionnel, je convoite les occasions de pratiquer mon art. Pourtant, comme membre d’une équipe d’enquête sur les accidents, ces occasions peuvent revêtir aussi un aspect tragique. J’ai toujours de la difficulté à traiter des sentiments aussi contraires.

Relations avec les médias et enquêtes d’accidents

J’ai vécu l’une de mes expériences professionnelles les plus intéressantes et mémorables lorsque le BST a répondu à la sortie de piste d’un avion à l’aéroport international Lester B. Pearson, le 2 août 2005. Je rentrais chez moi après le travail lorsque j’ai appris la nouvelle. J’ai vite compris que cet accident ferait l’objet d’une forte couverture médiatique, donc dès mon arrivée à la maison, j’ai fait ma valise et je suis retourné au bureau.

Les rapports initiaux des médias étaient consternants. Les caméras de circulation routière et de l’aéroport montraient un avion de grande taille engouffré dans les flammes. Heureusement, des rapports de dernière minute indiquaient que tous les passagers étaient saufs. Des enquêteurs de notre bureau à Toronto sont arrivés sur place peu de temps après l’accident. Ils ont d’abord vérifié qu’un périmètre de sécurité avait bien été établi autour du site de l’accident, et ils ont ensuite attendu l’arrivée du reste de l’équipe, en provenance d’Ottawa.

Communiquer avec d’autres spécialistes en relations avec les médias

À titre de communicateur, l’une des premières choses que je fais dès mon arrivée sur les lieux d’un accident, c’est d’établir un contact avec les autres communicateurs sur place. Nous discutons de la situation, échangeons nos coordonnées et déterminons les rôles et responsabilités. Cet accident-ci ne faisait pas exception à cette règle. En arrivant à l’aéroport, j’ai rencontré la remarquable équipe de la division des communications de l’aéroport Toronto Pearson; celle-ci avait organisé une importante conférence de presse pour leur président directeur général, le ministre des Transports et les dirigeants d’Air France et d’Airbus. Cet accident avait attiré un nombre très important de médias, y compris les principaux réseaux de télévision canadiens et américains, les services de presse internationaux et tous les bureaux de presse dans un rayon de 50 milles de Toronto.

Après le point de presse mixte, j’ai aussitôt entrepris d’en organiser un pour le BST afin d’informer les médias de notre processus et de notre équipe d’enquête. La division des communications de l’aéroport Toronto Pearson nous a offert un soutien extraordinaire – une salle de breffage, des outils visuels montrant les pistes de l’aéroport et du soutien logistique pour contrôler le bataillon de journalistes. Après un breffage succinct avec l’enquêteur désigné du BST, nous avons communiqué nos renseignements en après-midi, le lendemain de l’accident. Au cours des jours suivants, nous avons tenu cinq autres de ces points de presse pour un auditoire qui diminuait graduellement pour ne compter, à la fin, que quelques bureaux de presse locaux.

Gérer un marathon d’information en relations avec les médias

Pourtant, le premier jour, devant une horde de journalistes de partout dans le monde qui représentant de 70 à 80 bureaux de presse, en direct et en couleur, nous avons tenu un véritable marathon de séances d’information et réussi à répondre aux questions de tous présents.

Heureusement, ce jour de tempête à Toronto, tous à bord de l’avion – 309 passagers et membres d’équipage – s’en sont tirés indemnes. Une bénédiction et un témoignage éloquent des habiletés de l’équipage pendant que les flammes détruisaient l’avion.

Défis en relations avec les médias

Chaque jour a présenté un défi particulier. Durant les trois premiers jours, mon téléphone celluaire n’a pas cessé de sonner. Évidemment, cela a tendu quelque peu les relations avec les journalistes, car j’avais à peine terminé une conversation avec l’un d’eux que déjà trois messages vocaux m’attendaient. C’était encore plus problématique lorsque je devais éteindre mon téléphone cellulaire durant les réunions cruciales avec les membres de l’équipe ou durant les points de presse. Au moment de rallumer mon téléphone, une trentaine de messages m’attendaient déjà, et pendant que je répondais à ceux-ci, une trentaine de nouveaux messages venaient s’ajouter à la liste! Comme on dit, les journées bien remplies passent vite, et ces sept jours ont été un véritable tourbillon d’activité.

J’ai pu côtoyer d’excellents journalistes, photographes, vidéographes et documentaristes de la communauté médiatique de Toronto. J’ai appris quelque chose de nouveau chaque jour, et j’ai pu mettre en pratique ces leçons à l’occasion d’enquêtes subséquentes.

Les journées étaient longues durant l’étape du travail de terrain, souvent 15 heures ou plus. Mais à la fin de chaque journée, peu importe l’épuisement, je peux dire que je suis fier de faire partie de la mission du BST. Pour un communicateur, on ne saurait demander mieux.


Image de John Cottreau

John est communicateur au gouvernement du Canada depuis 1995. Depuis qu’il s’est joint au BST en 2002, il a pris part à plusieurs enquêtes bien en vue. John est marié, il a des enfants et des petits-enfants, et il aime les voyages et le cinéma.

Date de modification :