Communiqué de presse

Le BST demande de la formation sur l'évacuation subaquatique et l'installation de ceintures-baudriers pour accroître les chances de survie dans les accidents d'hydravion

Richmond Hill (Ontario), le 23 octobre 2013 – Le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) a publié aujourd'hui son rapport d'enquête (A12O0071) sur l'accident mortel d'un hydravion au lac Lillabelle (Ontario), en 2012, rapport qui souligne que la formation sur l’évacuation et le port de ceintures-baudriers auraient pu accroître les chances de survie des victimes.

Le 25 mai 2012, un hydravion à flotteurs Beaver de Havilland, exploité par Cochrane Air Service, a percuté le plan d'eau après un amerrissage interrompu au lac Lillabelle, dans le Nord de l'Ontario. Des vents en rafale ayant empêché l'aéronef de se poser sur l'eau, le pilote a remis les gaz. Toutefois, lorsque le pilote a appliqué la pleine puissance et que l'aéronef a commencé à reprendre de l'altitude, la vitesse anémométrique a chuté soudainement. L'aéronef a effectué un mouvement de lacet vers la gauche, puis un roulis. Ce roulis a probablement entraîné un décrochage, et l'aéronef, se trouvant à une altitude insuffisante pour que le pilote en reprenne la maîtrise, s'est retourné, a percuté l'eau et s'est trouvé partiellement submergé. Les trois personnes à bord avaient survécu à l'impact initial, mais une seule d'entre elles a réussi à évacuer l'épave; les deux autres se sont noyées.

Le BST fait donc deux recommandations qui visent à accroître les chances que quiconque survit à un écrasement d'hydravion arrive aussi à se tirer vivant de l'épave. « Dans une situation d'urgence, on ne dispose que de quelques secondes pour s'orienter et évacuer l'aéronef : une formation adéquate peut faire la différence entre la vie et la mort. Les pilotes qui ont une formation sur l’évacuation subaquatique ont de meilleures chances d'évacuer un aéronef submergé – ainsi qu'une meilleure chance d'aider leurs passagers à évacuer l'aéronef », a dit Wendy Tadros, présidente du BST. « Les ceintures-baudriers seraient aussi d'une aide précieuse. Trop de passagers qui survivent à l'écrasement d'un hydravion se noient parce qu'ils ont été victimes d'un traumatisme crânien et sont donc incapables d'évacuer l'épave. »

Le BST recommande que tous les équipages d'hydravions en service commercial reçoivent une formation sur l'évacuation subaquatique (A13-02), et que tous les sièges de passagers des hydravions commerciaux certifiés pour le transport de neuf passagers ou moins soient munis de ceintures de sécurité comprenant une ceinture-baudrier (A13-03).

Ces nouvelles recommandations s'ajoutent à deux recommandations en suspens qui visent à rendre les hydravions plus sécuritaires. Dans son enquête sur l'écrasement mortel d'un hydravion qui a fait six victimes à Lyall Harbour (Colombie-Britannique) (A09P0397) en 2009, le Bureau a fait deux recommandations : l'une visant l'installation de portes et de fenêtres largables afin de faciliter l'évacuation (A11-05), et l'autre concernant le port de vêtements de flottaison individuels pour tous les passagers (A11-06).

Transports Canada s’est engagé à rendre les vêtements de flottaison obligatoires, mais ne s'est pas engagé à exiger que les portes et fenêtres d'hydravions soient plus faciles à enlever après un écrasement. « Lorsqu'un hydravion s'abîme sur l'eau, environ 70 % des victimes de l'écrasement périssent par noyade. Les quatre recommandations du Bureau visent à changer cela », a dit madame Tadros. « Transports Canada doit accorder à chacune de ces quatre recommandations tout le sérieux qu'elle mérite, et doit prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter que d’autres personnes perdent la vie dans un accident qui offrait des chances de survie. »


Media

Discours

2013-07-12

Lire les Commentaires au sujet de la publication du rapport d'enquête aéronautique A12O0071 (Lac Lillabelle) Par la présidente du BST, Wendy Tadros
et l'enquêteur désigné du BST, Ewan Tasker

Fiche d'information

2013-10-23

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