Enquête sur les questions de sécurité du BST :
 Sécurité de la pêche

Transcription de la vidéo

Guy Bussières

Bonjour, je m'appelle Guy Bussières. Je suis enquêteur au Bureau de la sécurité des transports, un organisme qui enquête sur les accidents. Je me spécialise dans les accidents maritimes. Notre objectif est d'établir les faits et les causes des accidents et de trouver des façons d'empêcher que des événements semblables ne se répètent.

Chaque année, le BST reçoit des centaines d'avis d'incidents maritimes, et ce sont ceux mettant en cause des bateaux de pêche qui présentent le nombre de décès le plus élevé. En fait, la cruelle réalité est qu'en moyenne, au sein de l'industrie de la pêche canadienne, un pêcheur perd la vie chaque mois.

C'est pourquoi, en 2009, le BST a lancé une enquête nationale sur la sécurité des bateaux de pêche au Canada. Notre but était de déterminer pourquoi les mêmes types d'accidents se répétaient et pourquoi la probabilité qu'un pêcheur perde la vie aujourd'hui était la même qu'il y a plusieurs années.

Nos enquêteurs ont d'abord parlé à tous les intervenants de l'industrie partout au pays : propriétaires et exploitants de navires, associations de pêcheurs, gouvernement, formateurs, syndicats et —surtout —pêcheurs et pêcheuses.

Par exemple, quelles étaient les pratiques communes parmi les pêcheurs à Terre-Neuve? Quelles étaient les politiques et méthodes communes parmi les autres membres de l'industrie de la pêche? En quoi étaient-elles différentes de celles à Vancouver ou à Yarmouth, ou même à Rimouski? Voilà les questions que nous avons posées dans dix endroits différents au Canada.

Nous avons également examiné les mesures qui ont été prises au fil des ans. Depuis 1992, en fait, le Bureau de la sécurité des transports a mené près de 400 enquêtes distinctes et a formulé au total 42 recommandations distinctes qui soulignent de façon répétée des enjeux de sécurité vitaux qui sont en cause dans les accidents de bateaux de pêche.

Le BST convient que la pêche présente des risques et les pêcheurs le savent aussi, puisque ce métier se pratique depuis des générations. L'environnement actuel est toutefois plus complexe que jamais.

La sécurité ne devrait toutefois pas être un choix. Au BST, nous croyons que la sécurité est un investissement, que toute l'industrie de la pêche doit faire.

La bonne nouvelle est qu'il est possible de faire plus pour améliorer la sécurité dans l'industrie de la pêche.

L'enquête sur les préoccupations de sécurité du BST a relevé 10 enjeux par rapport auxquels des mesures de sécurité doivent être prises pour atteindre cet objectif :

  1. Stabilité : les pêcheurs doivent comprendre les principes de stabilité et les mettre en pratique dans leurs activités de pêche.
  2. Gestion des ressources halieutiques : déterminer et réduire les risques de sécurité devrait faire partie intégrante de la gestion des ressources halieutiques.
  3. Engins de sauvetage : les engins de sauvetage doivent être correctement conçus, embarqués, équipés, utilisés et entretenus en fonction des activités de pêche. fonction des activités de pêche.
  4. Approche réglementaire vis-à-vis de la sécurité : un cadre réglementaire doit être coordonné et appliqué de façon cohérente; il doit appuyer une culture de sécurité dans cette industrie.
  5. Formation : la formation doit être efficace et elle doit être renforcée par la pratique régulière.
  6. Information sur la sécurité : on doit fournir de l'informatique pratique et compréhensible aux membres de l'industrie de la pêche qui en ont besoin.
  7. Coûts liés à la sécurité : l'industrie de la pêche doit accepter les coûts liés à la sécurité comme faisant partie intégrante de cette activité.
  8. Fatigue : on doit mieux comprendre et gérer les risques que présente la fatigue.
  9. Statistiques de l'industrie de la pêche : on doit collecter, analyser et communiquer de façon coordonnée les données relatives aux accidents afin d'aider l'industrie de la pêche.
  10. Pratiques de travail : les pratiques de travail sûres doivent devenir la norme.

De plus, nous avons conclu qu'il existe de complexes interrelations entre ces enjeux. Cela peut paraître contre-intuitif, mais pour ce qui est des solutions à ces problèmes, il est inutile d'isoler ces enjeux et de les aborder individuellement. D'autres l'ont essayé et ont échoué. Ces enjeux sont interreliés, et les solutions à ceux-ci doivent l'être également. Autrement dit, l'industrie de la pêche au complet doit agir.

Une telle solution exige des mesures concertées et coordonnées. Les gouvernements fédéral et provinciaux, de même que les dirigeants de l'industrie de la pêche, doivent collaborer pour établir des organismes de de gouvernance régionaux qui auront pour mandat de garantir que les pêcheurs peuvent travailler, et travailleront effectivement, en toute sécurité.

Certains organismes et certaines initiatives existent déjà dans quelques régions du pays, bien que ceux-ci ne soient établis que sur demande. Pensons à Fishsafe en Colombie-Britannique, au Comité permanent de la région du Québec sur la sécurité des bateaux de pêche, à la Fishery Safety Association de la Nouvelle-Écosse et à la Fish Harvesters Safety Association, qui est en cours d'établissement à Terre-Neuve.

Ces efforts de collaboration sont encourageants, non seulement parce qu'ils permettent d'examiner le problème de façon globale et d'aborder tous les enjeux, mais aussi parce qu'ils soulignent la grande priorité pour tous les pêcheurs — l'exercice de leur métier en toute sécurité.

Gina McKay

La plus grande réalisation de Fish Safe, c'est que les pêcheurs participent de plein gré à nos programmes, notamment les programmes The Safest Catch, Stability Education et Safe on the Wheel. Ces programmes ont tous été élaborés et qualifiés par les pêcheurs de nécessaires. Ils dépassent la conformité aux règlements et, conséquemment, les pêcheurs croient fermement que ces programmes aident à sauver des vies.

Stewart Franck

La Fisheries Safety Association est régie par un conseil d'administration. Il est constitué de tous nos intervenants. Nous avons, donc, des représentants de la pêche, de transformation et de l'aquaculture, et également des conseillers des divers organismes gouvernementaux siégeant au conseil. Cela nous permet d'avoir une vue d'ensemble, et déceler comment nous pouvons répondre de façon adéquate aux besoins de l'industrie et travailler ensemble.

Michel Castonguay

Le comité permanent sur la sécurité des bateaux de pêche contribue à faire développer une culture de sécurité dans l'industrie de la pêche et d'en faire évoluer la sécurité. On sait que les lois et les règlements sont des outils essentiels normatifs, mais malheureusement, ils ont leurs limites aussi. Donc, l'ensemble de la communauté des pêches doit participer à la démarche de responsabilisation en ce qui a trait à la sécurité. Le comité permet d'identifier et de trouver des solutions ensemble et pour les problèmes de santé et de sécurité à bord des bateaux.

Lisa Fitzgerald

Le conseil sectoriel collabore avec un certain nombre d'associations de pêcheurs en Nouvelle-Écosse. On compte plus de 60 associations, et une des choses que l'on est en mesure de faire est de fournir les outils et les ressources à ces associations pour qu'elles les partagent avec leurs membres.

Mark Dolomount

Il y a deux ans, le gouvernement provincial de Terre-Neuve-et-Labrador a annoncé du financement pour la création de la Newfoundland and Labrador Fish Harvesting Safety Association, dont le mandat précis serait la promotion de la sécurité des bateaux de pêche. Cette annonce a été faite en décembre 2010 et jusqu'en 2011, le Professional Fishing Certification Board a été le chef de file, réunissant tous les intervenants de l'industrie, des gouvernements provinciaux et fédéral, d'autres organismes, de l'institut maritime, l'université, d'autres intervenants et les pêcheurs eux-mêmes afin d'obtenir du soutien pour faire avancer la cause de cette association vouée à la sécurité des pêches. Nous pensons pouvoir nous concentrer sur le mandat initial qui est la sécurité des bateaux de pêche. Dans le fond, cette association ne peut que traiter des questions entourant la sécurité des bateaux de pêche - faire avancer ou améliorer la culture de sécurité, travailler à réduire le nombre d'accidents, de blessures et de réclamations d'indemnisation pour absence au travail dans l'industrie et la réduction du taux de mortalité – nous croyons qu'en créant un conseil capable de s'acquitter de cette tâche, nous pouvons porter la sécurité à un tout autre niveau.

Guy Bussières

En résumé :
Les dix préoccupations ciblées dans notre enquête sont interreliées et leur traitement demandera des gestes coordonnés de la part de l'industrie de la pêche - et pas seulement dans certaines régions du Canada.

Nous devons travailler ensemble, partout, pour changer la culture de sécurité afin que la principale préoccupation soit l'adoption de méthodes de travail sécuritaires. Les gouvernements fédéral et provinciaux, de même que les dirigeants de l'industrie de la pêche, doivent collaborer pour établir des organismes de de gouvernance régionaux qui auront pour mandat de garantir que les pêcheurs peuvent travailler, et travailleront effectivement, en toute sécurité.