Rapport d'enquête aéronautique A98H0003

2.3.3  Systèmes de bord non protégés contre les incendies

Avant l'accident de SR 111, les organismes de réglementation et les constructeurs ne percevaient que des risques mineurs d'incendie en vol ailleurs que dans les zones situées à l'intérieur de la cabine et dans les zones désignées comme zones de feu. Par conséquent, les normes de certification ne tenaient pas compte des conséquences éventuelles d'un bris ou d'une défaillance d'un système de bord attribuable à un incendie dans des zones comme les espaces inoccupés. En raison de cette lacune, les systèmes ont été installés de telle manière qu'une défaillance d'un composant à cause d'un incendie pouvait aggraver ce dernier.

En cas d'incendie, le bris d'un système, comme le circuit hydraulique, le circuit d'oxygène ou le système de ventilation, pourrait considérablement aggraver l'incendie en augmentant la quantité de matières combustibles, en alimentant le feu en oxygène, ou encore en modifiant la circulation d'air dans la zone. Pour la certification d'un avion, on installe habituellement des protections contre ce genre de défaillance après avoir effectué une analyse de sécurité des systèmes mettant en évidence les dangers éventuels. L'analyse de sécurité des systèmes par zone qui a été menée sur le MD-11 dans la zone où l'incendie s'est déclaré à bord de SR 111 n'avait pas porté sur les dangers découlant de défaillances de circuits ou de composants attribuables à un incendie en cours. La réglementation n'exigeait pas que ce type de danger soit compris dans l'analyse de sécurité des systèmes. Le bris d'un embout en élastomère d'une gaine de conditionnement d'air et, peut-être, la défaillance d'un capuchon en aluminium du circuit d'alimentation en oxygène de l'équipage de conduite auraient contribué à l'aggravation de l'incendie en vol.

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