Rapport d'enquête aéronautique A98H0003

2.5  Mesures de lutte contre les incendies en vol

Au moment de l'accident du vol SR 111, l'industrie de l'aviation (constructeurs, organismes de réglementation, exploitants et associations) ne traitait pas la question de la protection contre les incendies en vol comme un « système » de mesures interreliées; c'est-à-dire qu'il n'y avait aucune exigence concernant l'évaluation globale des différentes mesures de défense contre les incendies. Une telle évaluation examinerait les liens entre l'équipage, les procédures, les matériaux et l'équipement, et tiendrait compte de la façon dont les différents éléments pourraient se conjuguer aux fins de la prévention, de la détection, de la maîtrise et de l'extinction des incendies. Selon une telle approche, des éléments distincts feraient l'objet d'une évaluation conjointe uniforme qui examinerait les normes d'inflammabilité des matériaux, l'accès aux zones dissimulées, l'équipement de détection et de suppression de fumée ou d'incendie, les procédures d'urgence concernant l'équipage et la formation.

Aucune initiative d'envergure n'a été établie pour évaluer toutes ces composantes conjointement ni pour évaluer les liens existant entre elles en vue de l'élaboration de mesures de lutte contre les incendies améliorées, coordonnées et exhaustives. Il y avait un manque d'intégration des diverses mesures potentielles de lutte contre les incendies en vol.

Les leçons tirées des accidents liés à des incendies en vol ont entraîné divers changements aux procédures de vol et à la conception de l'équipement des avions[113]. Toutefois, les changements visant à fournir des mesures plus efficaces de lutte contre les incendies ont généralement constitué des initiatives isolées plutôt que des initiatives pleinement intégrées et exhaustives. L'industrie a déployé des efforts considérables pour former les équipages des avions et pour leur donner les moyens de réagir à certains types d'incendie en vol (p. ex. incendies facilement accessibles dans la cabine). Ces efforts n'ont pas permis de préparer adéquatement les équipages à déceler et à localiser des incendies en vol dans des endroits dissimulés et à y accéder pour les supprimer d'une façon rapide, coordonnée et efficace.


[113]    Par exemple, des améliorations précises ont été apportées aux dispositifs de détection et d'extinction des incendies dans les toilettes et les soutes à la suite de l'accident du 2 juin 1983 subi par un avion DC-9 d'Air Canada, près de Cincinnati (Ohio), et de l'accident du 11 mai 1996 subi par un avion DC-9 ValuJet, près de Miami (Floride).

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