Rapport d'enquête aéronautique A98H0003

2.20.4  Calculs théoriques sur la descente d'urgence

Par pure coïncidence, l'heure à laquelle il aurait fallu amorcer une descente d'urgence pour atteindre le profil théorique optimal de descente d'urgence afin d'atterrir à l'aéroport international de Halifax correspondait à l'heure réelle de la communication du message radio Pan Pan. Tout retard dans la descente signifierait que l'avion se trouverait au-dessus du profil idéal de descente. Durant la communication du message radio Pan Pan, le commandant de bord avait demandé un déroutement et avait proposé Boston. Ce n'est qu'une minute et vingt-cinq secondes plus tard que les événements suivants se sont déroulés : le contrôleur a proposé Halifax comme aéroport de déroutement, les pilotes ont évalué la situation et accepté Halifax et ils ont amorcé une descente rapide, mais non une descente d'urgence.

Pendant ce temps, l'avion volait dans la direction générale de l'aéroport international de Halifax à une vitesse supérieure à 8 milles marins (nm) à la minute. À partir du point d'amorce réel de la descente, les pilotes n'auraient pas été en mesure de positionner l'appareil pour qu'il atterrisse sur la piste 06 sans effectuer des manœuvres hors route pour perdre de l'altitude et ralentir à la vitesse appropriée. Dans le meilleur des cas, ces manœuvres supplémentaires auraient ajouté deux ou trois minutes au délai d'atterrissage. Vraisemblablement, les pilotes auraient dû effectuer une manœuvre comme un virage de 360° ou ils auraient dû atterrir sur une autre piste. Dans un cas comme dans l'autre, plusieurs minutes se seraient ajoutées à l'heure d'atterrissage la plus hâtive possible, et les effets de l'incendie auraient exclu toute possibilité d'un atterrissage en toute sécurité.

À environ 1 h 25 min, lorsque l'incendie à bord n'a plus fait l'ombre d'un doute dans le poste de pilotage, l'avion se trouvait à environ 25 nm de l'aéroport, à une altitude d'environ 10 000 pi et à une vitesse d'environ 320 nœuds. Il volait en direction sud, en éloignement de l'aéroport. Dans le meilleur des cas, à partir de ce point, il aurait fallu au minimum six minutes pour atteindre la piste.

Les calculs théoriques confirment qu'à partir de n'importe quel point situé le long de la trajectoire de vol après le début de la descente de l'avion, il n'aurait pas été possible pour les pilotes de conserver la maîtrise pendant le temps qu'il leur aurait fallu pour atteindre l'aéroport et effectuer un atterrissage.

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