Rapport d'enquête du SR 111

4.1.11  Formation des contrôleurs de la circulation aérienne

4.1.11.1  Bureau de la sécurité des transports du Canada

L'enquête a permis de découvrir que deux contrôleurs de la circulation aérienne mêlés au présent accident croyaient que les équipages de conduite, pour des raisons de sécurité, pouvaient couper certains systèmes électriques et certaines radios de l'avion lors des opérations de largage du carburant. Les contrôleurs de la circulation aérienne s'étaient fondés sur cette perception pour s'expliquer l'interruption des communications radio et de l'information radar secondaire, qui s'était produite immédiatement après que l'équipage de conduite de SR 111 eut indiqué qu'il commençait à larguer du carburant.

Dans des situations d'urgence, la possibilité de réduire au minimum des conséquences indésirables et d'améliorer le service offert aux équipages de conduite pourrait dépendre, en partie, de la connaissance qu'a le contrôleur des ramifications des procédures d'urgence ou spéciales exécutées par les équipages de conduite. La connaissance qu'ont les contrôleurs des attentes de l'équipage de conduite et une connaissance élémentaire des capacités des avions commerciaux pourraient améliorer leur sensibilisation aux besoins opérationnels des équipages de conduite.

À l'heure actuelle, il n'y a aucune exigence réglementaire voulant que les contrôleurs au Canada reçoivent une formation spéciale dans le traitement des situations d'urgence à bord des aéronefs, que ce soit lors de la formation initiale ou lors des cours de recyclage.

Par conséquent, le 14 août 2001, le BST a publié l'avis de sécurité aérienne A010020-1 à l'intention de Transports Canada pour l'inviter à revoir les critères de formation des contrôleurs. Il faudrait envisager de se pencher sur la nécessité d'une formation additionnelle en ce qui a trait aux situations d'urgence à bord des aéronefs avant la délivrance initiale d'une licence aux contrôleurs de la circulation aérienne en vertu du Règlement de l'aviation canadien (RAC). Plus précisément, une formation supplémentaire pourrait être justifiée, qui fournirait les connaissances et les habiletés requises pour que les contrôleurs soient plus en mesure de fournir des services de contrôle de la circulation aérienne (ATC) sûrs et rapides aux aéronefs se trouvant dans des situations d'urgence ou de détresse. La nécessité d'une formation continue régulière et d'exercices de recyclage en ce qui a trait aux situations d'urgence devrait aussi être envisagée.

4.1.11.2  Transports Canada

Transports Canada a avisé le BST qu'il était en liaison avec les fournisseurs de services ATC, Nav Canada et SERCO Aviation Services, pour s'assurer que les préoccupations figurant dans l'avis de sécurité aérienne du BST sont examinées.

4.1.11.3  Nav Canada

Au cours de 1999–2000 et de 2000–2001, Nav Canada a élaboré et administré à l'intention des contrôleurs un module de recyclage qui comprenait une séance de familiarisation avec une situation d'urgence en vol mettant en cause un incendie ou la présence de fumée. Cette formation familiarisait les contrôleurs avec les attentes et les besoins opérationnels des pilotes ainsi qu'avec les capacités d'un aéronef commercial pendant une telle situation d'urgence.

De plus, le 11 juillet 2002, Nav Canada a publié un modificatif à son Manuel d'exploitation du contrôle de la circulation aérienne (MANOPS) pour donner aux contrôleurs de nouvelles directives relatives au largage du carburant et, plus précisément, le renseignement suivant : « On a déterminé que certains avions sont incapables de communiquer par radio pendant un largage de carburant; toutefois, tous sont capables de demeurer à l'écoute sur la fréquence. En outre, certains avions doivent éteindre leur transpondeur lors de la procédure de largage de carburant. »

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