Rapport d'enquête aéronautique A98H0003

4.3.2  Évaluation des systèmes de bord : considérations relatives à la résistance au feu

Dans les documents accompagnant les recommandations en matière de normes d'inflammabilité publiées en août 2001, le BST a cerné une lacune relativement à la certification de certains systèmes de bord. Dans sa recommandation A01-04, le BST a indiqué qu'il fallait effectuer une validation plus poussée avant de certifier des systèmes de bord pour assurer qu'une défaillance de matériau causée par le feu n'allait pas aggraver les conséquences d'un incendie en vol. Les autorités réglementaires ont réagi en s'en tenant au statu quo, en ce sens qu'elles ont déclaré que la réglementation régissant la certification de systèmes essentiels, comme le système hydraulique, le circuit d'oxygène et les commandes de vol, était suffisamment complète pour englober les exigences relatives à la prévention des incendies et à la protection incendie d'un système. Pour les autres systèmes de bord, les autorités réglementaires ont indiqué que l'effet combiné du resserrement des normes d'inflammabilité des matériaux, grâce à de nouvelles innovations comme les disjoncteurs d'arc électrique, et la mise en œuvre des recommandations du groupe de travail sur l'harmonisation des fils réduira le risque qu'un incendie en vol se déclare et soit alimenté.

Les essais menés pendant l'enquête ont montré que le circuit d'oxygène de l'équipage de conduite du MD-11 pouvait être endommagé s'il était exposé à une forte chaleur et qu'il pouvait aggraver un incendie. Les autorités réglementaires n'ont pas cherché à savoir pourquoi la réglementation en vigueur permettait que ce circuit d'oxygène construit de matériaux de nature différente soit certifié alors que la réglementation incluait une exigence de certification ayant trait à la « prévention des incendies et à la protection contre ceux-ci ». La conception du circuit d'oxygène était conforme aux exigences de la réglementation en vigueur, sinon ce dernier n'aurait pas été approuvé pour utilisation à bord d'un aéronef. C'est aussi vrai des autres matériaux endommagés qui ont aggravé l'incendie à bord de SR 111, comme les embouts en élastomère de silicone se trouvant sur les gaines d'air conditionné.

Le Bureau est en désaccord avec le fait que la réduction ou l'élimination éventuelle des matières inflammables et les progrès techniques anticipés permettent de régler de façon adéquate la question du risque à court terme. Par conséquent, le Bureau est préoccupé du fait que les autorités réglementaires n'ont pas pris des mesures suffisantes pour réduire les risques énoncés dans la recommandation A01-04 du BST, publiée en août 2001, qui recommandait comme préalable à la certification, que tous les systèmes de bord se trouvant dans la partie pressurisée d'un aéronef, y compris leurs sous-systèmes, leurs composants et leurs raccords, soient évalués afin que ceux dont une défaillance pourrait aggraver un incendie soient conçus pour réduire le risque de défaillances causées par le feu.

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